INICIO ARTICULOS OPINION PRODIGOS HEMEROTECA LECTURAS BLOGS

Francia llora al abate Pierre

Publicado originalmente en La Razón de Madrid

Javier Gómez

El Abate Pierre era el personaje público más querido por los franceses. Era un símbolo de la solidaridad y defensor de los pobres. El fundador de los «Traperos de Emaús» recibirá el viernes un homenaje nacional en París

«¡Socorro, amigos míos! Una mujer ha muerto congelada esta noche a las tres de la madrugada en la acera del Boulevard Sebastopol, asida al papel en el que le habían notificado, anteayer, la expulsión de su domicilio». Con estas dramáticas palabras, el abate Pierre arrancó el discurso que, el 1 de febrero de 1954, lanzó a todos los franceses desde las ondas de radio Luxemburgo. Ese relato fue el primer episodio público de un combate por los más necesitados que terminó ayer, a las 5.25 de la madrugada, cuando el religioso galo, fundador de la organización caritativa laica Compañía de Emaús, falleció en el hospital parisiense de Val de Grace. Tenía 94 años de edad y «ganas de morir», según reconoció meses antes de que una infección pulmonar apagase su vida.

Su vida, dedicada a la defensa de los más desfavorecidos, y su inquebrantable humor le convirtieron en un icono de la solidaridad y en el personaje público más querido por los franceses año tras año. Quien mejor resumió ayer la trascendencia moral del abate Pierre fue el presidente Jacques Chirac: «Francia pierde una inmensa figura, una conciencia, la encarnación de la bondad». El lema de este cura de gesto bonachón, barba afilada, sempiterna sotana e inseparable boina negra fue «dar de comer antes de evangelizar».

Duelo y admiración

Medio siglo después de aquel mensaje en Radio Luxemburgo, el drama de las personas sin hogar sigue siendo centro de atención en Francia, después de las decenas de acampadas que, durante las últimas Navidades, reclamaron una «vivienda digna» para todos los ciudadanos. Antes de extinguirse definitivamente, el abate Pierre tuvo tiempo de aplaudir la última medida del Gobierno, que la semana pasada aprobó un plan de urgencia para garantizar una vivienda a todos los necesitados en 2012.

Las loas hacia el personaje cayeron en cascada tras conocerse su muerte. Hubo quien, como el ex primer ministro, Laurent Fabius, propuso enterrarle en el Panteón de los grandes de Francia. El ex presidente Valéry Giscard D’Estaing se manifestó a favor de la celebración de unas exequias nacionales. Finalmente, el presidente Chirac decidió otorgar el carácter de «homenaje nacional» al funeral público que tendrá lugar mañana viernes, en la catedral de Notre-Dame de París. «Con esta desaparición, el corazón de toda Francia queda estremecido», dijo Chirac. «El abate Pierre nos enseñó el camino de la generosidad individual y colectiva», juzgó el primer ministro, Dominique de Villepin.

Para el entierro, sin embargo, se impondrá el deseo de sencillez del propio difunto. La inhumación tendrá lugar «en la más estricta intimidad» este fin de semana, en el pequeño cementerio de Esteville, según anunció Martin Hirsch, presidente de Emaús Francia.

Durante la ocupación nazi de Francia entró en la clandestinidad y pasó a filas de la Resistencia, donde recibió el pseudónimo de «Abbé Pierre», que le acompañó el resto de su vida. Detenido en 1944 en los Pirineos, logró escapar y cruzó la frontera con España, lo que le permitió alcanzar Gibraltar y reunirse con las tropas de Charles de Gaulle en Argelia. Volvió a Francia tras la liberación del país.

Publicado hoy en Le Monde de París

Touchée au coeur", selon l'expression de Jacques Chirac, la France rendra un hommage national à l'abbé Pierre, cette "incarnation de la bonté", mort, lundi 22 janvier, à l'âge de 94 ans. Officielles ou improvisées, nationales ou plus locales, de nombreuses cérémonies en mémoire de celui qui fut, pendant des années, la personnalité préférée des Français, sont prévues jusqu'aux funérailles, vendredi 26 janvier, à 11 heures, à la cathédrale Notre-Dame de Paris.

La mort de l'abbé pourrait jouer en faveur du droit opposable

La disparition de l'abbé Pierre va peser dans les débats parlementaires sur le projet de loi "instituant un droit opposable au logement", qui doivent débuter, le 30 janvier, au Sénat. "C'est une coïncidence qui nous permet de lui rendre hommage et qui va aussi faciliter la démonstration de la nécessité de ce texte", observe Bernard Seillier, sénateur (RDSE) de l'Aveyron et rapporteur du projet de loi. "Sa mort va aider ceux qui se battent pour le droit au logement opposable", renchérit Thierry Repentin, sénateur (PS) de la Savoie. Dominique Braye (UMP, Yvelines) espère, au contraire, que ses collègues sauront rester "assez raisonnables" pour ne pas être influencés par l'émotion liée à la mort du fondateur d'Emmaüs.

Pour éviter que le texte soit "incantatoire" ou "démagogique", M. Braye souhaite modifier le calendrier de mise en application du droit opposable au logement. La version initiale du texte fixe à début 2012 l'entrée en vigueur d'un tel principe au profit de l'ensemble des personnes dont la demande de HLM n'a pas abouti après un délai anormalement long. Le sénateur souhaiterait décaler à 2014 cette date-butoir.

M. Repentin aimerait, lui, muscler le projet de loi, afin de le rendre "crédible". Il défendra des amendements qui viseront notamment à augmenter la production de logements sociaux dans les communes qui en comptent moins de 20 %.

"Avec notre accord", précise le président d'Emmaüs-France, Martin Hirsch, le président de la République a décidé de cet "hommage national", comme il en fut également rendu au commandant Cousteau en 1997, à l'ancien premier ministre Jacques Chaban-Delmas en 2000, aux neuf militaires français tués lors d'une attaque en Côte d'Ivoire, aux victimes des attentats de Madrid en 2004, au pape Jean Paul II en 2005, ou aux victimes martiniquaises d'une catastrophe aérienne au Vénézuela, la même année.

Un "deuil national", qui nécessite un décret du président de la République et non plus une décision personnelle, aurait été plus solennel encore : ce fut le cas pour Georges Pompidou, pour François Mitterrand ou pour les victimes des attentats du 11 septembre 2001 à New York. Les responsables de l'association ont refusé qu'une minute de silence soit observée ou que les drapeaux soient mis en berne, conformément à la volonté de l'abbé Pierre. "Ce n'était pas le genre de l'abbé Pierre", explique M. Hirsch.

Le cercueil de l'abbé Pierre restera exposé à la chapelle du Val-de-Grâce, à Paris, mercredi et jeudi, de 10 heures à 22 heures "pour tous ceux qui souhaiteraient se recueillir" auprès de sa dépouille, a fait savoir la Fondation.

De très nombreux anonymes se sont déjà rendus sur place pour dire "merci" à l'homme d'église. Le président devait s'y rendre, mardi 23 janvier en fin de matinée, confirme l'Elysée. Bertrand Delanoë, le maire de Paris, aussi, selon la Fondation Abbé-Pierre. Le chef de l'Etat et le gouvernement participeront à la cérémonie religieuse de vendredi, diffusée en direct à la télévision.

Le Mouvement Emmaüs a également décidé d'organiser un rassemblement, jeudi, au palais omnisports de Bercy, à partir de 19 heures, pour permettre "l'expression de témoignages et d'hommages de compagnons, de personnes engagées dans le mouvement, de personnalités", précisant que cette rencontre pourrait avoir lieu "tout au long de la nuit si nécessaire".

Le Mouvement Emmaüs indique que, pendant la semaine, "les témoignages et les messages de sympathie pourront être exprimés dans l'ensemble des lieux du Mouvement Emmaüs ouverts au public, ainsi que par message électronique sur le site d'Emmaüs France, www.emmaus-france.org". Un livre d'or a été ouvert par Emmaüs et la Fondation Abbé-Pierre.

Tout au long de la journée de lundi, des centaines de témoignages de sympathie n'ont cessé d'affluer, émanant de personnalités connues ou de citoyens anonymes. "Les petites gens, les faibles, nous ont fait part de leur sentiment qu'ils ne s'étaient jamais sentis lâchés par l'abbé Pierre", confie M. Hirsch.

L'abbé Pierre sera inhumé, dans la plus stricte intimité familiale, à Esteville, en Seine-Maritime, vendredi, en présence de quelques compagnons de la première heure.

Volver al principio

Primera Luz

Webzine de apologética y temas católicos de interés general. Redactado por laicos fieles a la enseñanza magisterial de la Iglesia Católica y a S.S. Benedicto XVI.

Escríbanos a voxfidei@voxfidei.com

La Verdad no es un concepto, es una persona, Jesucristo la Palabra Divina. El es el Señor de la Historia y la Luz de la humanidad.

© MMVIII First Light Productions - Derechos Reservados - Servidor operado por Verio